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Une centaine de changements de sexe au Québec en 10 ans

Plus d’une centaine de personnes ont fait une déclaration de changement de sexe auprès du directeur de l’état civil du Québec depuis 10 ans.

Bien que de telles opérations se pratiquent depuis plus de 30 ans, l’organisme d’État n’a pu nous fournir de statistiques antérieures à 1997. En outre, la déclaration de changement de sexe n’est pas obligatoire, selon la porte-parole Linda Marcoux. Il est cependant plausible de croire que la plupart de ceux qui procèdent à une telle transformation tiennent aussi à ce que leurs papiers correspondent à leur nouveau genre, dit-elle.

Le Code civil

Des 105 personnes ayant officiellement déclaré un changement de sexe de 1997 à 2006, 30 femmes sont devenues des hommes, et 75 hommes sont devenus des femmes.

Selon le Code civil du Québec, une personne désirant inscrire une telle modification doit :

> être majeure ;

> demeurer au Québec depuis au moins un an et avoir la citoyenneté canadienne ;

> avoir subi avec succès la transformation médicale, incluant la modification des organes sexuels ;

> présenter une attestation médicale du médecin traitant et une autre d’un second médecin exerçant au Québec et confirmant la réussite de la transformation ;

> faire l’objet d’un avis dans la Gazette officielle du Québec.

Changement de prénom

La plupart des transsexuels changent leur prénom bien avant de subir une chirurgie pour changer de sexe. La démarche implique en effet qu’ils vivent « comme l’autre sexe » de un à deux ans avant. Ils se retrouvent donc dans une situation parfois assez longue où l’apparence et le prénom ne correspondent pas au genre inscrit sur les documents officiels, ce qui ne va pas toujours de soi.

« Ce serait plus simple pour l’emploi si le prénom correspondait au genre. On ne serait pas obligé de faire un cinquième ou un sixième coming out », croit Chantale Lavoie, de Tiresias-Québec.

Ainsi que le note Élyse Létourneau, il n’y a pas de petite case entre celles d’« homme » et de « femme » pour les personnes en processus de changement. Elle juge tout de même que la possibilité de changer de prénom a amélioré la condition des transsexuels, et salue le travail du directeur de l’état civil à cet égard.

Une situation qui réjouit aussi Olivier, qui estime qu’un tel changement, alors qu’il n’a pas encore terminé sa transformation sur le plan chirurgical, a amélioré sa vie.

« C’est une bataille quotidienne, dans les salles d’attente, quand on s’inscrit à l’école, au téléphone. » Lorsque le prénom (qui, dans son cas, était particulièrement féminin) ne correspond ni à l’apparence, ni à la voix, « il faut toujours se justifier, prendre la personne à part, expliquer. C’est humiliant et ça devient épuisant », dit-il.

Journaliste: Claudette Samson

Le Soleil 24.03.07

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