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Autrefois Jacques Bélanger,
Brigitte Martel. le chanteur devenu
femme

À
l’age
de 11 ans.
Jacques Bélanger, maintenant devenu
Brigitte,
a connu un grand succès avec
la chanson -Maman, la plus belle du
monde |
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Après avoir amorcé une carrière
de chanteur qui s'annonçait
prometteuse, le jeune Jacques
Bélanger a pris une décision qui
allait radicalement changer son
existence.
A peine sorti de l'adolescence,
il a
éprouvé le désir d'être une femme
et est
devenu une transsexuelle.
La
vie a alors pris tout son sens pour
la chanteuse, qui se promène
maintenant de cabaret en cabaret,
vêtue
de
robes à paillettes et de boas.
À défaut
de connaître à nouveau la gloire,
Brigitte goûte pleinement le
bonheur d'être femme.
Brigitte, comment votre carrière
dans la chanson a-t-elle
commence?
Au début des années 60, alors que
j'avais à
peine 11 ou 12 ans, ma
mère
possédait un restaurant, Le Petit
Baluchon, à Montréal. Chaque
jour, à l'heure du midi, je
chantais
devant les clients. Pour me
remercier,
les gens me donnaient de l'argent.
Un jour, un homme a proposé
à ma mère de me faire passer une
audition chez TransCanada Disques.
C'est à ce moment que j'ai enregistré
ma première chanson sur
45
tours, intitulée
Maman, la plus belle du monde.
Elle a connu un
succès presque instantané. On a
du
en vendre au moins 50 000 copies!
Par la suite, j'ai endisqué
d'autres
chansons, dont
Michelle,
qui avait de
composée
spécialement pour moi,
Si tous
les oiseaux et Suzie. J'étais
jeune
et
je ne réalisais pas vraiment ce qui
m'arrivait. Je ne le croyais pas.
Je
vivais comme dans un rêve.
Enfant, étiez-vous malheureux?
Je me sentais emprisonnée dans mon corps de petit garçon.
Pendant
toute ma jeunesse, je me suis
maquillée
et habillée en femme, en cachette
bien sûr, pour ne
pas mettre
ma
carrière en péril. Je disais souvent
à ma mère que je rêvais de me
réveiller en fille. Quand j'ai
commencé à chanter, je devais me
taire
et
faire abstraction de ce que je ressentais.
À
un moment donné, je
n'en pouvais plus.
J’ai alors décidé de mener
ma vie comme je l'entendais,
que ça plaise ou non aux
autres.
Quel
âge aviez-vous la première
fois que vous vous
êtes
habillée en femme?
Je devais avoir cinq ou six ans.
Lorsque
vous chantiez, les
gens remarquaient-ils que vous aviez une
attitude féminine?
À vrai dire, certaines
personnes croyaient que j'étais
une femme habillée en homme! Évidemment,
j'avais des
manières.
Avez-vous subi le rejet
l'école?
Oui. Les élèves étaient très méchants
avec moi et me traitaient de
tous les noms. Ils me disaient
que
j'avais l'air d'une fille et me
traitaient de fifi.
Comment vos parents réagissaient-ils
devant votre
comportement?
Ma mère ne disait rien, mail elle savait
bien que quelque chose n'allait
pas.
Après mon opération, elle m'a
avoué quelle avait toujours pressenti
ce
moment. Elle ne s'est
donc
jamais
opposée à ma décision. Mon
père
a mis plus de temps à s'y faire,
mais
quand il a accepté
cette réalité,
Il l'a montré de façon assez radicale. Il s'est adressé à toute la
famille en
disant : "Avant,
j'avais un fils, maintenant, j'ai
une fille et vous allez la
respecter. Dorénavant, vous
l'appellerez Brigitte!" Le soutien de
mes
parents m'a été d'un grand secours.
Sans
eux,
je ne
sais pas si j'aurais pu
passer
au
travers, surtout que je ne
savais pas ce qui m'attendait après
l'opération.
Qu'est-ce qui a déclenché
votre désir de subir une opération?
Vers
l'âge de 20 ans, j'ai
décidé de
chanter dans une revue de travestis
sous le nom de Jacqueline
Bélair. J'ai
alors entendu dire qu'il était possible
de changer de sexe, ce que
j’ai
finalement
fait en 1972.
N'étiez-vous
pas a l'aise en tant
que travesti?
Pas suffisamment. Un travesti n'a
pas
de seins ni de
vagin; il demeure
un homme. Moi, j'avais besoin de
plus.
Votre opération s'est-elle
bien déroulée?
J'ai dû subir deux opérations.
À la
première, j'ai éprouvé certaines complications
parce que mon vagin s'est
refermé. J'ai donc été
obligée de me faire
opérer de nouveau, deux ans
plus tard. Mais dans l'ensemble,
tout s'est très bien passé. J'étais tellement
contente des résultats! Enfin, je
pouvais vivre heureuse dans
mon nouveau corps
de femme!
Êtes-vous rapidement remontée
sur les planches après la
chirurgie?
Oui. J'ai repris ma carrière sous le
nom de Brigitte Martel pendant une
dizaine d'années. Mais après la mort
de ma mère, il y a 12 ans,
j'ai
fait
plusieurs dépressions et dû être
soignée. Encore aujourd'hui, je dois
prendre des médicaments.
Comment vous êtes-vous remise
du décès de votre
mère?
Je m'en suis
sortie avec l'aide des
psychiatres. J'ai dû accepter que
ma
mère n'était pas éternelle. Mais
même
après 12 ans, je
trouve
encore
difficile d'en parler. Ma mère a été
la
première à comprendre
et à
accepter mon désir d’être une
femme. Quand
je
chantais "Maman, c'est toi la plus
belle du monde", c'est vraiment
à
elle
que
je pensais.
Avez-vous eu une vie
amoureuse
en tant que femme?
Oui Je me suis même mariée
en
1981.
Malheureusement, mon
mari
et moi nous sommes séparés.
Vous étiez-vous mariée à
l'église?
Non, mais c'est pourtant ce que je
désirais.
J'ai eu beaucoup de difficultés
avec le clergé. Avant le mariage,
le
curé
a appris que j'étais une transsexuelle.
Il a aussitôt annulé la
cérémonie.
Où en est votre carrière actuellement?
Chaque année au mois de mai,
je
participe au spectacle de
la Journée
Internationale de
la transsexualité,
au cabaret Cléopâtre,
à Montréal.
Les profits de ce
spectacle vont
directement
à l'Association des transsexuels
du Québec. Mis à
part ce
spectacle, je me suis presque
complètement
retirée
du métier après la mort
de
ma
mère. De toute façon,
à peu près au même
moment,
les cabarets
fermaient les
uns après
les
autres, et il m'était de plus en
plus
difficile de pratiquer mon métier.
Aujourd'hui, Je ne monte que très
rarement sur scène. Puisqu'il
n'existe pratiquement plus de cabarets
et que je ne peux
me permettre
de chanter dans
de
grandes salles, je
ne
pense pas vraiment poursuivre
ma
carrière. En plus, j'aurai
bientôt
50
ans.
Si c'était à recommencer, feriez-vous le
même cheminement?
Tout à
fait. Je ne changerais rien à
ma
vie. J'ai
déjà été malheureuse à cause des
médisances d'autrui,
mais
j'ai
compris que je ne pourrais jamais
avoir une autre vie que
celle
que
je mène actuellement. Je suis
contente
d'être allée jusqu'au bout
de
mes
désirs. Plusieurs
personnes qui
aimeraient changer de sexe restent
dans
leur coin et n'en parlent jamais.
Quel en votre plus grand
souhait?
J'aimerais
que les
gens,
à défaut de comprendre
notre choix, acceptent
au
moins
notre présence dans la
société.
Journaliste:
Richard Thérrien
Dernière Heure 1997 04

Brigitte explique que son
père
est
celui qui a mis le plus de temps à
accepter son désir de devenir une
femme. |

En
1972, II se fait
opérer et se
marie 10 ans plus
tard. |

À 20 ans. Jacques décide de vivre
son rêve au grand Jour et chanter
dans une revue
de travestis |
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