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Communiqué |
Dossier forum social
Québec 2007
Deux volets dont nous voudrions vous faire part:
-Premier volet touchant la sphère éducationnelle
qui touche toutes les communautés entre elle.
-Deuxième volet qui touche directement le
vieillissement de la population chez les personnes transsexuelles.
D'abord, j'aimerais faire un petit rappel sur
l'irritation et une certaine inacceptation entre les communautés. Je
suis convaincue que cet état de chose n'est due qu'à quelques
individus de nos communautés respectives qui créent ces désaccords
possiblement en raison de la souffrance qu'ils vivent dans leur
tripes, séquelle d'un passé ou encore d'un présent où,
malheureusement, l'inacceptation de soi et des autres se traduit
souvent par le rejet, le harcèlement ou, simplement, par le sentiment
profond d'exclusion. Leur croyance de la paix méritée ne réside que
dans les rassemblements de personnes qui se ressemblent et qui
partagent les mêmes besoins et la même croyance de leurs différences.
Je suis certaine que ce ne sont que quelques
personnes souffrantes qui font tous ces bruits négatifs. Mais, cela
amène la population en général à nous mettre tous dans le même bateau
et à nous considérer comme des groupes rivaux qui se disputent un
territoire. De grâce, la réalité est bien différente de celle
véhiculée par les médias pour faire sensation. Nous savons que tous
les organismes, présents à ce forum, ne veulent que faire la lumière
sur les droits, les réalités et les besoins de tous afin que chaque
être humain puisse avoir le droit de vivre sa vie de tous les jours e=
ce, dans n'importe quelle ville ou coin de pays.
Donc, tous les organismes existants ont pour
mission de promouvoir les droits des minorités et d'aider ces
personnes dans leur cheminement de vie, soit dans l'acceptation, soit
dans l'éducation juste et exacte de qui nous sommes, repoussant ainsi
les barrières de l'ignorance et des préjugés afin d'enrayer les
légendes urbaines qui continuent à circuler sur nous. Nous ne voulons
juger personne mais simplement réitérer que rien n'est acquis sur
terre. Ce n'est que par la constance et la vigilance que nous pourrons
faire tomber, dans certains coins de pays, ces barrières encore
tenaces qui ne sont maintenues que par les qu'en-dira-t-on.
Les membres de l'ATQ (association des
transsexuels et transsexuelles du Québec) vous remercient sincèrement
pour votre écoute. Nous sommes convaincus de ne blesser personne par
ces paroles. C'est seulement un rappel à votre vigilance. Encore une
fois, merci!
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Le
vieillissement de notre communauté ?
Nous prenons conscience d'un phénomène normal qui se
vit chez tous les humains et auquel personne ne peut échapper, c'est le
vieillissement. Il va de soi, les statistiques le disent, que certaines
personnes vivront leurs derniers jours à la maison et qu'un pourcentage X
nécessitera, suite à une perte d'autonomie, un séjour en résidence pour
pallier les besoins qu'il n'est plus en mesure de combler. Nous savons que
pour beaucoup de transsexuel(le)s vivant au Québec sont seules dans la vie,
soit à cause du rejet de la part de leur famille, soit que la famille ne
soit plus là ou qu'elle ne soit plus en mesure de soutenir ces personnes
ayant des besoins spécifique. Où allons-nous nous ramasser, le moment venu?
Nous ne voulons pas semer la peur, mais seulement
exprimer nos inquiétudes et explorer les alternatives aux situations
conventionnelles d'hébergement en soins de longue durée. Plusieurs membres
de la communauté, surtout les plus âgé(e)s, obéissant aux consignes des
cliniques de l'époque, vivent anonymement dans la communauté sans se rendre
compte que leur dossier médical est disséminé à tout venant et risque à tout
moment d'être révélé, même si la transformation complète a été effectuée.
D'autres n'ont pu compléter la transformation pour de multiples raisons;
santé trop fragile, l'âge, les restrictions du milieu hospitalier ou faute
de fonds. Il y a ceux et celles qui ont subi une transformation partielle
par une thérapie hormonale ou chirurgicale et qui ont trouvé un équilibre
avec eux-mêmes. À l'ATQ, nous ne jugeons personne et accueillons tout le
monde sans préjugés, étant conscients que chaque personne est différentes et
que les besoins diffèrent d'une personne à l'autre selon leur réalité.
Nous avons fait un survol de ce qui existe
présentement en soins de longue durée. Nous sommes donc au courant des codes
d'éthique qui régissent ces établissement et sommes convaincus que tout est
fait, selon les règlements gouvernementaux et internes, pour donner les
soins adéquats et ne tolérer aucune violence sous toute ses formes.
Heureusement il y a eu épuration du côté des employés qui ne respectaient
pas ces directives et nous remercions les responsables de ces services qui
font tout leur possible pour améliorer les services donnés à leurs usagers,
incapables qu'ils sont de se défendre par eux-mêmes.
Nous savons que le Ministère se propose de couper le
nombre de lits dans les résidences gouvernementales directement sous le
contrôle de l'État. Sommes-nous à l'aube d'une prolifération de petits
centres privés pus familiaux, donc moins hospitaliers, qui n'auront pas la
supervision adéquate face aux abus et le non-respect des résidents?
La question qui se pose face à ces changements est
capitale pour nous. Allons-nous avoir droit aux mêmes soins, même sans
parler de nos différences, dans ces petits centres? Quoique nous sachions
que des paramètres d`éthique seront en vigueur et que la plupart s'y
conformeront, pourra-t-on avoir un suivi adéquat partout?
Cependant, nous savons par expérience que les efforts
éducationnels par les médias télévisuels ou radiophoniques, par les
conférences données à travers la Province par l'ATQ et autres organismes
oeuvrant pour les transsexuel(le)s (malgré les maigres fonds) sont
insuffisants pour faire changer et tomber tous les préjugés. Et cela, même
si la Charte des Droits et Libertés de la personne est sensée nous garantir
et protéger les mêmes droits que ceux de chaque individu vivant au Québec.
Nous savons que "les chemins de l'enfer sont pavés de
bonnes intentions", donc il peut y avoir des ratés. Sachez que nous ne
posons aucun jugement sur les efforts déjà faits ou en voie de se faire,
mais force nous est d'admettre que la possibilité existe.
L'humain, par sa nature, est curieux et aime à
partager ses découvertes, parfois dans un but noble pour faire avancer la
science et la médecine, parfois dans le but non avouable de détruire des
réputations. Alors nous nous interrogeons sur le sort qui nous sera réservé
quand nous devront intégrer le système et que notre cerveau affaibli ne sera
pas en mesure de se prémunir contre les atteintes à sa dignité lorsque
quelqu'un, informé de sa condition, voudra aller (pas nécessairement par
méchanceté) voir par lu=-même.
Nous avons déjà reçu des plaintes, émanant de
personnes lucides, sur l'humiliation subie aux mains de professionnels de la
santé. Nous ne faisons pas de paranoïa, mais après ce qui se produit
aujourd'hui, le futur fait peur.
Nous en sommes rendues à nous questionner sur la
possibilité, peut-être préférable, d'avoir une résidence pour les personnes
transsexuelles avec du personnel capable de vivre avec des personnes
différentes de la norme afin que tous et chacun puissent vivre leurs
derniers jours entourés de respect et de dignité, sans curiosité malsaine.
Nous espérons que cette discussion saura trouver une
oreille attentive à notre réalité.
Août 2007
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