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Vivre avec la transsexualité

| 23:00 | 1 Comment | Source : La frontière (KARINA OSIECKA karina.osiecka@quebecormedia.com) | Article mis en ligne le 2013-17-04
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Le changement de sexe a permis à Julie d’avoir un sentiment de plénitude en tant que femme.

Julie Bernard est née avec un corps d’homme. Pourtant, elle s’est toujours sentie intérieurement comme une fille. Quand elle décide de changer de sexe, elle se fait renier par sa famille et sa conjointe qui va lui empêcher
de voir ses deux enfants. Une bataille qui n’est pas finie depuis trois ans.

Elle se rappelle qu’à six ans, elle échangeait ses jouets de garçon avec les poupées de sa sœur. Elle profitait des moments solitaires dans sa chambre pour enfiler des vêtements féminins. Ne voulant pas être l’objet de dérision, elle a décidé de garder le contact avec sa féminité en cachette, à l’abri des regards.

«Je pensais  vraiment guérir de ma transsexualité, mais ce n’est pas un choix. »

À l’âge de 27 ans, elle a décidé de s’engager dans une relation avec une femme et de fonder une famille pour empêcher le conflit identitaire de prendre le dessus sur elle. De cette union est née deux enfants. Ainsi, elle espérait de faire disparaître et guérir son anomalie. «Je pensais vraiment guérir de ma transsexualité, mais ce n’est pas un choix. Les gens ne comprennent pas que cela se passe durant la formation du fœtus », a-t-elle mentionné.

Sortir du placard

Elle a fait une dépression et cherchait de l’aide dans la région. « J’ai été au CSSS   à Ville-Marie, car je voulais devenir une femme physiquement. Ils ne pouvaient pas m’aider et m’ont dit d’aller à Montréal », s’est-elle souvenue. Rendue dans la métropole, ATQ (Aide aux transsexuels et transsexuelles du Québec) l’a référée aux médecins qui l’ont aidée  à commencer la transition. Elle a suivi l’hormonothérapie à partir de juin 2010 et a subi la vaginoplastie en février 2012.

Selon elle, les gens de la métropole sont plus ouverts. « À Montréal, je vivais en tant que femme tout le temps parce que personne ne me connaissait. Une fois en 2010, je marchais habillée en femme aux Promenades du Cuivre à Rouyn-Noranda et tout le monde m’appelait travesti. J’espère que la mentalité du monde changera. Jour après jour c’est un combat pour moi, car l’entourage me regarde avec mépris et certains me manquent de respect », a-t-elle déploré.

D’ailleurs, sa propre famille n’a pas accepté ces changements. « Je l’ai avoué pour enlever un fardeau et j’ai été reniée par mes parents. Mon frère a réagi d’une façon agressive, car il n’acceptait pas que je change de nom et de sexe», s’est-elle confiée. Après avoir dévoilé le secret à son ex-conjointe, cette dernière pensait que c’était de passage. Aujourd’hui, elle refuse à Julie de voir leurs enfants.

Une bataille infinie

Julie Bernard ne les a pas vus depuis 3 ans. « Mon ex-conjointe m’empêche de voir mes enfants parce qu’elle ne veut pas qu’ils apprennent mon changement de sexe. Pendant longtemps, la cour autorisait seulement le contact téléphonique, mais mon ex-conjointe a arrêté de répondre au téléphone », a-t-elle dit. Elle a finalement réussi à avoir un jugement qui autorisait la rencontre avec les enfants dans la présence d’une travailleuse sociale en septembre 2012. « La juge a dit que ça va être un dur coup pour les enfants, mais il faut que ça se fasse. L’intervenante m’a empêchée de les voir. Elle a dit que je suis égoïste et que les enfants ne sont pas prêts. Pourtant, j’ai eu le jugement de la Cour qui va audelà des intervenantes », a souligné Mme Bernard. 

« En ce moment, ça ne bouge pas et je ne vois pas la lumière au bout du tunnel. Certaines personnes avec des dossiers criminels ont les droits de voir leurs enfants. Moi, vu que je suis transsexuelle je ne peux pas rencontrer mes propres enfants », a-t-elle constaté.

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Comments (1)

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  1. filboys@hotmail.com dit :

    et tu a raison a propos de «Je pensais vraiment guérir de ma transsexualité, mais ce n’est pas un choix. »,ce n est vraiment pas un choix, ce n est pas un matin en te levant que tu di,je veux devenir une femme jare.et en plus ,une parti de ton histoire,est comme la mienne.

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