Un transsexuel partage sa vie

Quand on voit Patrick Verret, aujourd'hui, on ne se doute pas un moment qu'il a déjà été une femme. (Photo: Martin Alarie)

Quand on voit Patrick Verret, aujourd'hui, on ne se doute pas un moment qu'il a déjà été une femme. (Photo: Martin Alarie)

Après une enfance très mouvementée, plusieurs tentatives de suicide et 33 opérations de toutes sortes, le transsexuel lavallois Patrick Verret livre aujourd’hui son témoignage à travers son autobiographie «Changer de sexe pour vivre enfin».

L’histoire de Patrick Verret a parfois des allures de véritable fiction.

À sa naissance, il portait en fait le prénom de Manon. Selon ses dires, c’est dès l’âge de 2 ans qu’il a commencé à se sentir dans un corps qui ne lui appartenait pas.

«Je déchirais toutes les robes qu’on me mettait, je me tirais les cheveux que je trouvais trop longs, et je me fracassais la tête sur les murs. J’étais vraiment mal dans ma peau», se rappelle-t-il.

Dès l’âge de 10 ans, Manon a commencé à utiliser le masculin lorsqu’elle parlait d’elle-même.

«Je m’étais même mise à uriner debout, raconte Patrick. Mais sous la pression de la religion catholique, j’ai décidé de continuer à jouer le rôle de la fille. Et c’est comme ça que je suis tombée dans la drogue pendant plusieurs années.»

Cette sombre période de sa vie a été marquée par plusieurs tentatives de suicide.

Culturisme

Adulte, Manon a finalement avoué son attirance pour les femmes. Faisant l’expérience de plusieurs relations amoureuses, elle ne réussissait toutefois jamais à s’épanouir complètement.

«Je persistais à me sentir dans le mauvais corps, explique Patrick. Les miroirs étaient ma phobie.»

C’est justement pour tenter d’accepter l’image qu’elle reflétait dans les miroirs que Manon s’est mise à pratiquer le culturisme. Mais même ses titres de Miss Laval et Miss Montréal n’ont pas suffit à la rendre heureuse.

«Je me trouvais encore trop féminine. C’est pour ça que j’ai finalement décidé de choisir entre la mort ou la grande opération, et je peux dire aujourd’hui que j’ai pris la bonne décision.»

Le processus de changement à été très long et fastidieux. De 1993 à tout récemment, 33 opérations et 40 000 $ ont finalement permis à Manon de devenir Patrick.

La transformation est remarquable. Même sa conjointe Claudine Limoges, lors de leur première rencontre, peinait à y croire. C’est d’ailleurs elle qui a procédé à la rédaction de l’autobiographie de Patrick Verret.

«Je l’ai d’abord fait pour ma propre thérapie, mais aussi pour créer une référence, explique M. Verret. C’est le genre de livre qui aurait vraiment pu m’aider, lorsque je me nommais encore Manon.»

Selon les dires de Patrick Verret, Manon était très populaire auprès des hommes avant de changer de sexe. (Photo: courtoisie)

Selon les dires de Patrick Verret, Manon était très populaire auprès des hommes avant de changer de sexe. (Photo: courtoisie)

Manon pratiquait le culturisme et a décroché les titres de Miss Laval et Miss Montréal. (Photo: courtoisie)

Manon pratiquait le culturisme et a décroché les titres de Miss Laval et Miss Montréal. (Photo: courtoisie)





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