J’ai retrouvé du travail

Après une opération à Bangkok en Thaïlande, Herbert est devenu Helena Photo : Laurent Crottet

Après une opération à Bangkok en Thaïlande, Herbert est devenu Helena Photo : Laurent Crottet

Helena, ex-pharmacien-chef de l’Hôpital cantonal, se confie pour la première fois à visage découvert. Elle dévoile sa nouvelle vie depuis qu’elle a changé de sexe

Licencié depuis le 8 novembre 2006 de son poste de pharmacien-chef de l’Hôpital cantonal de Fribourg, Helena, 50 ans, se confie pour la première fois à visage découvert. Elle dévoile sa nouvelle vie après son opération à Bangkok en Thaïlande, le 6 juin 2006, qui lui a permis de changer de sexe et de changer de prénom: elle est passée d’Herbert à Helena. A l’époque, l’enquête administrative interne a clairement démontré que la caisse noire de la pharmacie n’avait pas financé l’opération. Helena a pourtant été licenciée.

- Quelle est votre situation professionnelle actuelle?
- J’ai cherché longtemps. Après une centaine de réponses négatives aux offres, j’en avais marre. Mais j’ai retrouvé du travail auprès d’une entreprise pharmaceutique internationale dans la région schwytzoise.

- Est-ce que votre situation professionnelle vous satisfait?
- Oui. Ça fait beaucoup de bien d’entendre qu’on estime mon travail.

- Financièrement, comment ça va?
- J’ai accepté une rémunération qui ne se monte actuellement qu’à 60% de mon ancien salaire. Cela ne me permet pas de payer toutes les factures. Je dois puiser dans mes réserves.

- Pourriez-vous retravailler sur Fribourg?
- Si la situation se clarifiait, ça serait une option. Je peux pardonner à condition que mes discriminateurs changent leurs comportements. Je vous rappelle que je n’avais pas de problèmes avec mon équipe, ni avec le corps médical.

- Quelle est votre situation privée?
- J’ai maintenant une identité féminine, qui est en parfaite harmonie avec mon mental et mon physique. Je suis toujours mariée. Mon épouse et moi avons décidé de conserver nos acquisitions communes et de ne pas divorcer prématurément. J’ai encore des amis à Fribourg.

- Quels rapports entretenez-vous avec votre épouse et vos deux enfants?
- Ma transsexualité a créé des plaies énormes. Nous avons une relation affectueuse et cordiale. Je veux éviter que mes deux filles de 16 et 13 ans ne subissent des pressions. C’est pour ça que je ne peux pas encore revivre à plein-temps chez elles. Actuellement, je vis donc partiellement avec ma famille près de Morat (FR) et avec ma mère à Lucerne. Je suis à la recherche d’un logement dans la région bernoise. J’ai mes racines et ma famille ici. A terme, je veux vivre ici.

- Quels sont vos sentiments, avec le recul, face à ce qui s’est passé à l’Hôpital cantonal de Fribourg?
- Je me sens discriminée, harcelée et abusée par l’administration fribourgeoise. Je suis prête à aller jusqu’à la Cour européenne de Strasbourg (F) pour être blanchie.

- Qu’espérez-vous de votre convocation en juin chez le juge d’instruction André Piller et du rapport de Mario Annoni sur l’Hôpital cantonal?
- J’espère que le juge d’instruction déclare mon licenciement comme abusif. J’attends la même chose de Mario Annoni. Il a reçu 60 documents de ma part.

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