Ce qui importe le plus?

C’est un fait, dans la vie, nous devons gérer nos priorités. En tant qu’être fonctionnant en société, il nous faut faire des choix. Comme je l’ai déjà dit dans mon article intitulé : « Avoir le choix », certains choix sont forcés. Il y a aussi des choix qui ne sont pas totalement forcés. Comme quand on a deux fêtes le même soir, on ne peut pas assister aux deux, il faut choisir. Ce qui est forcé c’est le fait de faire le choix et non le choix lui-même. C’est le cas de la gestion des priorités.

Dans l’époque « Internet » dans laquelle nous vivons, nous sommes invités à être plus individualiste. Les personnes âgées vous le dirons, combien ils trouvent que les gens restent chez eux plus qu’avant. Donc dans la gestion des priorités, l’individu passe avant son prochain et devant la société. Si une personne a à choisir entre faire quelque chose pour elle ou bien de faire quelque chose pour quelqu’un d’autre, le choix se fait rapidement. Ce n’est pas mal non plus, mais je crois qu’il faut être capable de penser à nous et aussi de donner au suivant. Et à notre époque, on remarque que les personnes ont tendance à se faire passer avant l’autre et le tour de l’autre est sauté plus souvent qu’à son tour.

En tant que personne transsexuelle, je sais quelle importance ma vie a pris depuis les dernières années pour moi. J’ai enfin été capable de m’aimer moi-même. Aujourd’hui, ma transition a pris une priorité très élevée dans ma vie. En fait je la place juste après mes besoin de base comme manger, me vêtit et me loger. Les choses qui me tenaient à cœur avant sont encore importante aujourd’hui mais un peu moins qu’avant. Donc en plus de ce mouvement social individualiste, comme personne transsexuelle, je me considère bien plus individualiste que la moyenne.

Je remarque que je ne suis pas la seule à vivre cette réalité. Je crois que c’est très répandu chez les personnes transsexuelles « en transition » que de se mettre en premier comme ça. Et souvent c’est la première fois de notre vie que nous le faisons vraiment. Et mon Dieu que ça fait du bien!

J’ai eu aussi l’occasion de remarquer que les personnes qui ont complété leur transition et qui « passent », se retrouvent devant un choix : S’afficher comme trans ou cacher cette réalité. Un certain nombre choissent de cacher cette réalité et de faire leur vie comme une nouvelle personne. Je ne dis pas que c’est le bon ou mauvais choix mais c’est quand même un fait et au fond, si les gens sont heureux, c’est ce qui importe, non?

J’observe récemment que les gens participent aux réunion du groupe que lorsque c’est un sujet qui les touchent personnellement et non socialement. Peut-être est-ce une manifestation d’un certain détachement politique? Par exemple, quand on parle d’épilation, de démarches concrètes ou de chirurgie, la participation est grande. Mais quand on parle du dossier de psychiatrie du DSM-V, la participation est très basse. C’est la même chose quand on parle des difficultés rencontrées en transition, la participation est haute et quand on parle de fierté ou des avantages à être transsexuelle, la participation est très basse.

Donc sachant que :

  1. beaucoup de personnes transsexuelles vivent leur vie loin des communautés trans une fois la transition complétée;
  2. ceux qui participent ou s’investissent le plus sont souvent sont ceux en transition. Donc se sont ceux qui se priorise le plus;
  3. les gens participent aux réunion et aux activités qui les aident personnellement et non socialement.

Je me pose deux questions :

A. Comment faire avancer les causes transsexuelles? Comment intéresser les gens pour vrai à ces dossiers qui sont socialement important et qui touchent les personnes transsexuelles d’aujourd’hui et de demain?
Je crois que ce qui importe dans les causes c’est qu’il y ait des gens pour les représenter. Dans le cas des personnes transsexuelles, il y a des gens pour représenter la cause. La seule chose c’est qu’il y a souvent plus de gens non-trans que de gens trans. Bon ça peut faire avancer la cause mais c’est triste de constater cette réalité.
On a juste à organiser une activité où le sujet est la transsexualité et tout de suite on sais qu’il y plus de gens non-trans que de trans. Bon, ce n’est pas toujours facile à dire qui est trans ou non dans un grand groupe mais bon. Quand on est pas mal impliqué, on fini par connaître pas mal de gens.
Je crois qu’il n’y a rien d’autre à faire que d’informer et d’essayer de convaincre les gens que c’est important. Ils sont bien libres de faire ce que bon leur semble après tout. Peut-être que c’est moi qui suis complètement folle de vouloir défendre ces causes.

B.Comment recruter des personnes transsexuelles pour qu’elle s’implique dans leur milieu? Comment motiver les gens à demeurer impliqué?

Pour cette question, c’est différent. Je crois que c’est en responsabilisant et en montrant aux gens qu’ils aident vraiment et qu’ils peuvent le faire en concordance avec leur identité de genre. Souvent, c’est une première occasion dans leur vie et ça peut être une source de motivation importante pour une personne transsexuelle. Si les employeurs savaient ça, les personnes trans en début de transition seraient recherchées sur le marché de l’emploi hihihihi.

Pour moi ce qui importe le plus maintenant, c’est d’être heureuse et pour ça, j’ai besoin d’aider les gens.





Commentaires (3)


  1. Julie-Maude Beauchesne Dit:

    Bravo pour tes belles analyses psycho-sociale Marie-Ève!

    Bien écrit et faisant réfléchir! Mobiliser les trans est tout un défi! D’ailleurs, Maxime et moi donnons une conférence sur le sujet samedi prochain au Forum social québécois. Peut-être peux-tu l’annoncer?

    Au plaisir!

    Transsexualité : entre les acquis et la mobilisation
    Version imprimableVersion imprimable
    Date:
    Samedi, octobre 10, 2009 – 14:30 – 16:15
    Conseil québécois des gais et lesbiennes
    Être une personne transsexuelle au Québec et au Canada n’est pas toujours de tout repos. Malgré certains acquis, beaucoup reste à faire. Si certaines règles ou politiques gouvernementales ont été modifiées, dans la réalité, nombres d’obstacles demeurent. C’est pourquoi le défi de la mobilisation et des alliances demeurent un enjeu de taille dans la lutte de cette communauté pour l’obtention de l’égalité juridique et sociale pour les personnes transsexuelles.
    IntervenantEs:
    Julie-Maude Beauchesne (Présidente AlterHéros) Maxime Le May (président-fondateur du bulletin TR@NZ)
    Langue:
    Français
    Salle:
    CVM, 9.34

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    Marie-Ève Répond:

    Mais bien sur ma chère.

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  2. Julie-Maude Beauchesne Dit:

    Le liens: http://forumsocialquebecois.org/fr/content/transsexualit%C3%A9-entre-les-acquis-et-la-mobilisation

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