Une minorité “invisible” revendique des garanties juridiques et l’acceptation sociale

La campagne internationale pour l’égalité des droits des homosexuels et des autres minorités sexuelles a fait un grand bond en avant le 14 novembre, date à laquelle l’Afrique du Sud est devenue le premier pays d’Afrique, et le cinquième dans le monde, à autoriser le mariage entre personnes du même sexe. “Ce pays ne peut plus s’enfermer dans des préjugés rétrogrades et dépassés”, a déclaré à cette occasion Mosiuoa Lekota, député de l’African National Congress et Ministre de la défense.

La nouvelle loi, adoptée par 230 voix contre 41, a été saluée par les défenseurs des droits des homosexuels et des lesbiennes en Afrique du Sud et dans le reste du monde comme un succès considérable dans la lutte pour l’égalité des droits [1]. Son adoption ne reflète toutefois pas une tendance générale. En effet, les milieux religieux et politiques conservateurs de nombreux pays demeurent résolument hostiles au principe de l’égalité des droits pour les homosexuels et au mariage entre personnes du même sexe.

[L'intégrale dans le lien à la fin]

“Particulièrement vulnérable”

La famille ou la communauté ne représentent pas forcément un sanctuaire. Devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Mme Mukasa, une transsexuelle, a ainsi décrit sa vie de membre de cette communauté particulièrement vulnérable. “En Afrique, les transsexuels sont victimes de graves persécutions. Mon père me battait tout le temps parce que je me conduisais “comme un garçon”. J’étais devenue la risée du village. À force d’humiliations, je suis partie”, raconte-t-elle.

“À l’église on m’a mise nue une fois devant tout le monde. Le pasteur avait “discerné” la présence de l’esprit d’un jeune homme dans mon corps, et ils ont brûlé mes vêtements et chaussures pour le détruire… En tant que transsexuel, on me demande sans cesse d’expliquer pourquoi je ne corresponds pas à l’idée qu’on se fait généralement d’un homme ou d’une femme”.

[L'intégrale dans le lien à la fin]

Sortir de l’ombre

Malgré les risques encourus, un nombre croissant d’homosexuels et de lesbiennes africains, encouragés par les progrès de la démocratie et mobilisés par le besoin de lutter contre la propagation du VIH/sida, sortent lentement de l’ombre pour braver l’opprobre de la société.

En février 2004, 22 organisations d’homosexuels, de bisexuels et de transsexuels de 16 pays du continent ont appelé les dirigeants de leurs pays à garantir leur condition et leurs droits essentiels. “Nous, lesbiennes, homosexuels, bisexuels et transsexuels d’Afrique, sommes bien présents, malgré vos tentatives de nier notre existence” ont-elles déclaré.

“Les responsables politiques incitent à la haine contre nous dans leurs propres intérêts politiques, ont-elles affirmé. Pourtant, notre place est, et a toujours été, en Afrique…Nous exigeons que nos voix soient entendues”, ont-elles lancé.

Michael Fleshman, pour ONU Afrique Renouveau

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