Le transsexualisme n’est plus une maladie mentale en France

Le transsexualisme n’est plus considéré comme une maladie mentale en France, premier pays au monde à le sortir de la liste des affections psychiatriques par un décret, publié au Journal officiel. Ce décret du ministère de la santé supprime « les troubles précoces de l’identité de genre » d’un article du code de la Sécurité sociale relatif aux « affections psychiatriques de longue durée ».

Roselyne Bachelot, ministre de la santé, avait annoncé le 16 mai 2009, à la veille de la journée mondiale de la lutte contre l’homophobie et la transphobie, que le transsexualisme ne serait plus considéré comme une affection psychiatrique en France.

« La France est le premier pays au monde à ne plus considérer le transsexualisme comme pathologie mentale », s’est félicité Joël Bedos, responsable français au Comité Idaho (International Day Against Homophobia and Transphobia).

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Commentaires (4)


  1. Louise Dit:

    Je reprendrais pour commenter ce qui précède les lignes écrites par mon amie Delphine sur son blog ( http://delphine-pre.transexuelle.over-blog.com )

    Coup de tonnerre médiatique, Coup de tonnerre chez les transgenres:
    Le décret est passé: la France sort la transsexualité (encore ce terme malheureux utilisé par les médias) des maladies psychiatriques.
    Avancée? Inquiétude sur l’avenir? et les autres demandes de la communauté transgenre?
    Voici des questions qui font vibrer, interpellent, inquiètent, les transgenres. Il suffit de parcourir les foras, les différents médias internet et de la blogosphère, les interventions multiples d’associations trans actives.

    - Avancée: symbolique: oui!
    oui, car, et nous transgenres le savions, le savons, nous n’avons jamais considérés que nous étions fous/folles, et cette classification internationale est déshonorante, nous rejetant dans une pathologisation inhumaine.

    -inquiétude sur l’avenir: oui!
    oui, car cette annonce n’ouvre en rien une porte sur les demandes légitimes des transgenres: être traitéEs comme tout être humain, avec dignité et respect.
    Les projets de la HAS (Haute Autorité de Santé), ne vont pas dans le sens de la liberté, de l’égalité des transgenres qu’ils sont en droit d’attendre d’un État dont la devise est « liberté, égalité, fraternité », État qui se revendique de la révolution française et des Droits de l’Homme (Article premier) qui sont bafoués par ce projet.
    Pour les transgenres ayant une ALD, ou souhaitant obtenir une ALD, quel est leur avenir?

    (NB: pour faire simple l’ALD permet une prise en charge à 100% (en France…) des frais occasionnés par les soins nécessités par une transition)

    -Les autres demandes des transgenres?:
    Elles sont occultées, ignorées et sont pourtant fondamentales.
    Rien n’est dit, rien n’est prévu.
    Nos dirigeants n’ont-ils jamais lu les recommandations du Commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe, M. Thomas HAMMARBERG?
    ( https://wcd.coe.int/com.instranet.InstraServlet?command=com.instranet.CmdBlobGet&InstranetImage=1370638&SecMode=1&DocId=1458356&Usage=2
    NB: FONDAMENTAL !! )

    ni le rapport de M. Andréas GROSS?
    ( http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/WorkingDocs/Doc09/FDOC12087.htm )

    Il semblerait que non.

    Alors la France premier pays à ne plus nous traiter de malades mentales? OUI
    Premier pays à nous accorder une reconnaissance aux droits fondamentaux de tout être humain? NON

    Alors, ne crions pas « cocorico ».
    Vive la symbolique, mais les actes et la vraie prise en compte du respect des droits fondamentaux des êtres humains seront, eux, plus que symbolique: la preuve que l’apparence (un État se voulant des Droits de l’Homme) est moins importante que la mise en application de ces mêmes droits!

    ———-

    Bises
    Louise

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  2. Joëlle Dit:

    C’est grand temps.

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  3. Joëlle Dit:

    Ce qui est maleheureux, c’est de voir la transsexualité être co-opter par le mouvement transgendriste, ca c’est malheureux. Je ne suis pas comme quelqu’un qui est travesti, je ne suis pas non plus un Drag Queen, ou une personne s’amusant les weekends a me vêtir différemment. En fait, j’ai très peu en commun avec le mouvement et la politique transgenre ( ceci dit, je n’ai rien contre ceux et celles qui le sont ) , c’est un truc politique visant la force à travers les nombres sans égard pour autrui.

    Les droits des transsexuelles viennent d’être reconnues par la France point.

    Joëlle

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  4. Louise Dit:

    Joelle écrit: « Les droits des transsexuelles viennent d’être reconnues par la France point. »….

    C’est un raccourci totalement FAUX de la situation réelle.

    La suppression d’une ligne sur le code de la Sécurité Sociale française ne règle STRICTEMENT RIEN en matière de « droits des transsexuel(le)s ».

    C’est, au mieux, une satisfaction d’amour propre, sans doute légitime, de ne plus être reconnues comme « dingues », mais, en matière de prise en charge et d’état civil, ça ne modifie strictement rien à l’existant.

    Si les Françaises étaient si satisfaites que ça de la médecine de leur pays en matière de réassignation sexuelle, elles n’iraient pas, pour la grande majorité d’entre elles, se faire opérer en Thaïlande, ou au Canada (ce qui a été mon cas il y a deux ans par Doc Ménard), A LEURS FRAIS (pour celles qui peuvent) au lieu de prendre de gros risques de santé en étant « prises en charge » (parce qu’elles ne peuvent pas faire autrement)… mais obligées de suivre un « protocole » appliqué en France de façon bien plus contraignante qu’ailleurs, et confisqué par des « équipes officielles » autoproclamées, en dehors desquelles il n’y a aucune possibilité d’aller jusqu’à l’opération EN FRANCE.

    A Montréal, Pierre Brassard (comme auparavant Yvon Ménard) exercent en PRIVE, donc on a le CHOIX de la compétence, et la prise en charge est désormais possible chez vous par le système de santé PUBLIC.
    En France, c’est impossible.

    Quant à l’opposition (courante) entre les « vraies » bonnes trans opérées et les « fausses » transgenres, c’est quelque chose qui ne résoudra rien.

    C’est très superficiel de réduire les transgenre à des « travestis » ou des gens qui « s’amusent ». Nous avons récemment en France un exemple tout à fait parlant en ce domaine.
    http://www.tetu.com/actualites/france/ladjudante-transgenre-doit-reprendre-ses-anciens-papiers-et-son-ancienne-apparence-16536/10
    Je ne te ferai pas l’injure de te rappeler que Micheline Montreuil est, finalement, dans un cas similaire !

    Il n’est pas question d’ « égard pour autrui » ou pas, il est question d’un combat commun qui, s’il est gagné profitera aussi bien aux un(e)s qu’aux autres.

    Ce n’est pas à nous de nous discriminer entre nous.

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  5. Lolo Dit:

    En fait, il ne s’agit en aucun cas d’une déclassification du transsexualisme comme maladie mentale. Les médecins se réfèrent aux manuels de psychiatrie comme le DSM IV ou la CIM 10, dans lesquels les trans figurent toujours comme malades mentaux. En France comme ailleurs, les trans sont considérés comme malades.

    Il s’agit seulement d’une modification de la grille de sécurité sociale qui classera maintenant les trans parmi les maladies diverses, au lieu de mentales. Cela concerne seulement les trans bénéficiant de remboursements pour ALD (affection de longue durée). D’ailleurs, en faisant cette modif, on revient à la situation antérieure !! (jusqu’en 2004).
    Et il a été précisé par Roselyne Bachelot dans un communiqué que ça ne changerait rien concrètement pour les trans.

    Un article de l’association Outrans dit ceci :

    Non, la France n’a pas dépsychiatrisé la transidentité

    Le Ministère de la Santé vient de publier le décret qui reclasse la transidentité des ALD 23 (affections psychiatriques longue durée) à l’ALD 31. Ce décret ne va pas dans le sens d’une dépsychiatrisation de la transidentité. En pratique, rien ne change pour les personnes trans qui restent considérées comme des malades devant être soumises à un suivi psychiatrique.

    OUTrans regrette que ce décret ne soit pas accompagné d’autres mesures qui auraient, elles, un impact réel sur la vie des trans, comme :

    - la dépsychiatrisation effective de la transidentité,

    - la reconnaissance de la transphobie comme discrimination au même titre que le racisme ou l’homophobie, et par conséquent, la prise en compte de la transphobie par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE),

    - en partenariat avec le Ministère de la Justice, une facilitation d’accès au changement d’état civil, c’est-à-dire la suppression des obligations de traitement hormonal, de suivi psychiatrique, d’opérations chirurgicales,

    - la suppression immédiate de la stérilisation forcée des personnes trans réclamée par les tribunaux,

    - la suppression du recours aux expertises médicales, humiliantes et souvent vécues comme des viols, et ce y compris pour les personnes ayant été opérées à l’étranger.

    Le Ministère de la Santé semble soucieux du bien-être des trans : il a encore tout à prouver.

    Sources :
    http://outrans.org/spip.php?article94

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