Entre deux sexes

Joëlle, 55 ans, est née avec des organes génitaux ambigus. Nouveau-né, elle a subi plusieurs interventions chirurgicales. «On a dit à mes parents que leur petit gars avait un problème de plomberie», raconte-t-elle. Jusqu’en 2001, elle n’en a rien su et a vécu dans la peau d’un homme. «Ça a été l’enfer.»

Dorcas Semenya, la mère de la championne Caster Semenya, présente la manchette dun journal local qui pose à lathlète un véritable ultimatum. Sans utérus ni ovaires, mais avec des testicules internes qui produisent de la testostérone, sa fille est considérée comme une personne intersexuée.  Photo: Reuters

Dorcas Semenya, la mère de la championne Caster Semenya, présente la manchette d'un journal local qui pose à l'athlète un véritable ultimatum. Sans utérus ni ovaires, mais avec des testicules internes qui produisent de la testostérone, sa fille est considérée comme une personne intersexuée. Photo: Reuters

Les médecins ont rendu fonctionnel son «pénis» – ou était-ce un clitoris surdéveloppé? – en rallongeant le canal de l’urètre. Ils ont aussi fermé l’ouverture vaginale qui ne menait nulle part. Elle n’a ni utérus ni trompes de Fallope. «On m’a assigné le mauvais sexe, j’étais très cicatrisée. En bas de la ceinture, c’était une zone sinistrée, confie-t-elle. Enfant, je ne comprenais pas pourquoi on me punissait en m’habillant en garçon. À l’adolescence, on m’a même fait prendre de la testostérone pour masculiniser mon corps.»

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